20/01/2015

Centrafrique : le rapport de Conflict Armament Research prouve que des armes sont entrées du Soudan


Mon interview avec l'un des chercheurs pour RFI :

RCA SOUDAN SELEKA MICHEL DJOTODIA 

Centrafrique: un rapport confirme le soutien du Soudan à la Seleka

mediaSoldats de la Seleka en patrouille à Bangui, Centrafrique, le 5 décembre 2013.REUTERS/Emmanuel Braun
L’ONG Conflict Armament Research (CAR) a publié ce lundi 19 janvier un rapport sur les armes et munitions entre les mains des groupes armés en RCA. Il a été finalisé après des mois d'enquête sur le terrain. Le Soudan a bel et bien été l'un des parrains de la Seleka avant que ce groupe rebelle centrafricain n'explose en plusieurs factions. Ce sont les armes et les munitions utilisées par les ex-Seleka qui le révèlent. Certains véhicules également.





 Le rapport qui vient d'être publié confirme ce que les chefs de la Seleka disaient déjà en 2013, à savoir que les rebelles ont trouvé une partie de leur armement dans des stocks constitués par le président déchu, François Bozizé. Cependant, le texte documente surtout l'appui apporté, à l’époque, par le Soudan. Les chercheurs de Conflict Armament Research disent avoir les preuves de la livraison par Khartoum à la Seleka d'au moins deux cargaisons d'armes par voie aérienne. Au moment où Michel Djotodia était au pouvoir, « autorisation avait été donnée à un avion militaire soudanais d'atterrir à volonté en Centrafrique », dit le rapport.
Une autre preuve de l'implication de Khartoum concerne les forces internationales qui ont trouvé sur les sites rebelles, après le départ des éléments de la Seleka de Bangui, des armes et des munitions de fabrication soudanaise. Elles ont même retrouvé des véhicules tactiques légers « Karaba » produits au Soudan. Des chefs de la Seleka ont reconnu que les véhicules avaient été convoyés par avion depuis le territoire soudanais quand la rébellion tenait Bangui.
Non seulement le Soudan a fourni à la Seleka du matériel qu'il a produit mais il a également remis de l'équipement acheté à l'étranger, notamment en Iran. Des armes et des munitions de fabrication iranienne ont été trouvées en Centrafrique dans un conditionnement soudanais.
Claudio Gramizzi est un des chercheurs de l’organisation Conflict Armament Research qui mène des enquêtes dans les zones de conflit avec, entre autres, un mandat de l'Union européenne. Joint par RFI, il confirme le pillage des stocks d'armes de l'ancien gouvernement de Bozizé par anti-balaka et Seleka, ainsi que la présence de nombreuses armes en provenance du Soudan voisin.


Une bonne partie des armes qui ont circulé provenaient en fait d’opérations de saisie de la part des éléments de la Seleka à partir des stocks nationaux, mais également de l’approvisionnement qui venait de pays frontaliers.
Claudio GramizziChercheur de l’ONG Conflict Armament Research.19/01/2015 - par Mélissa ChemamÉcouter



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