17/12/2014

Cuba renoue avec les USA


Souvenirs :

2008, Miami, deuxième tour de l'élection présidentielle : Les Cubains de Floride vote démocrate et contribue à la victoire de Barack Obama. Un tournant semble se dessiner dans les relations USA / Cuba.

Aujourd'hui, nous y sommes :

: Raul confirme la reprise des relations diplomatiques avec les ( )


Le plus ancien embargo vit-il ses dernières heures?  


 
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Mon script pour AFP TV le 5 novembre :



AFP – LA FLORIDE A BASCULE – 5 NOVEMBRE


Dans ce quartier général des Cubains, qu’est le David’s Cafe de Miami, on ne parle bien sur que d’une chose : la victoire de Barack Obama.
L’électorat Cubain Américain, traditionnellement conservateur et républicain, a pour la première fois contribué au basculement de la Floride vers le parti démocrate.
Pour Jesus, qui est un indépendant, c’est parce que le candidat Obama s’est imposé comme le meilleur…

Jesus, Cubain Américain de Miami :

« Je pense que c’est une bonne chose pour la Floride. La dernière fois que nous avons voté démocrates, c’était en 1996 pour Clinton. Lors des deux dernières élections, on a soutenu les Républicains. Mais maintenant, nous devenons démocrates. Et pour moi, Obama était le meilleur pour le poste ! ».

Ce basculement a aussi été possible parce que la Floride rajeunit. Et que les questions économiques ont dominée cette campagne.
Renaldo Martinez est un Cubain encarté au parti Républicain, mais cette fois il a voté pour Barack Obama. Il pense que le pays a besoin d’un président avec un projet économique, et que de nombreux Cubains de Floride l’ont compris.

Reinaldo Martinez, Americain né a Cuba :

« Peut-etre que la vieille génération cubaine reste républicaine, mais je pense que le nouvelle génération, et les gens comme moi, qui se situe au milieu, nous votons plus pour un candidat convaincant que pour un parti ».

Par ailleurs,  l’électorat hispanique s’est diversifié en Floride.

Allan Hall, ancien professeur et surveillant pendant les votes pour le Parti démocrate : 

« On tendance a penser que la communauté hispanique est homogène mais ce n’est pas vrai. En plus des Cubains, il y a en Floride des Hispaniques venus de Colombie, du Nicaragua ou d’autres pays. Les Cubains ont tendance à voter républicain, mais les immigrants des autres pays sont plus démocrates ».


Enfin, le vote des Afro-Américains et des Haïtiens de Floride a fait toute la différence. 95% d’entre eux ont voté pour pour Obama.


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Mon blogpost pour Rue 89 le jour du vote, 4 novembre 2008 :


(De Miami, Floride) Eric Alper n'est pas fatigué… Ça fait des semaines qu'il travaille pour la campagne démocrate à Miami, et pour la dernière ligne droite il a plus d'énergie que jamais. "Les volontaires, suivez-moi", crie-t-il à travers le QG de la 8e rue:

    "Voilà, prenez un T-shirt gratuit, une carte de la ville, et allez à la rencontre des électeurs avec ces tracts. Faits du porte-à-porte et si l'on vous répond qu'on n'a pas encore voté, vous pouvez proposer aux gens notre service de voiture pour aller voter…

    Si vous vous rendez dans un quartier républicain, ne montrer pas tout de suite vos flyers et vos badges, essayer de discuter avec les électeurs d'abord."

Dans tout Miami Beach, les bureaux de vote sont loin d'être débordés jusqu'à présent. "Ici, on fait la fête, donc on se lève tard", explique Eric. Et près d'un quart des Floridiens ont déjà voté par la procédure du vote anticipé ou des "absentee ballots", renvoyés par courrier. Soit 2,6 millions d'électeurs.

Mais le Sunshine State devrait être sérieusement disputé. D'un cote, les Cubains de la première génération d'immigration, partis de Cuba dans les années 60, sont toujours très républicains. De l'autre, les populations noire, haïtienne et hispanique penchent pour Barack Obama.

"Nous avons vote à Liberty City", raconte Tammy, une femme d'une cinquantaine d'années, qui se promène les bras charges de souvenirs de la campagne démocrate. Liberty City est un quartier pauvre et oublié de Miami. "Et je peux vous dire qu'on s'apprête à fêter la victoire d'Obama dans le bruit et la fureur!" 

Melissa Chemam

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Mon article pour le site de France 24 :

France 24 – Web – 4 novembre 2008


REPORTAGE, DANS UN SWING STATE, A MIAMI
Par Mélissa CHEMAM




Ah, La Floride… Après son recompte en 2000, son Bushisme en 2004, et ses délégués fantômes durant les primaires démocrates au printemps 2008, la revoilà dans le rôle du Swing State. Et le plus important, en nombre, avec ses 27 grands électeurs. Depuis Miami, en Floride du Sud, on peut avoir une vision assez représentative de cet état d’hésitation…

Devant le principal bureau de vote de Miami Beach, le City Hall, les voix semblent acquises au candidat démocrate, pour la présidentielle. Quand Nerty Jardon Piscola tente de distribuer ses tracts pour John McCain, elle se prend souvent un refus… « Je ne crois pourtant pas que l’on peut ignorer les ressemblances flagrantes entre Barack Obama et Fidel Castro ! Tous deux ont une formation de juristes, tous deux sont beaux et charismatiques et surtout tous les deux promettent le changement ! Je suis Cubaine, je sais vers quoi mène ce changement… ». 

Mais ici, Nerty prêche dans un désert. Un peu plus loin, au Botanical Garden, les militants républicains se font oublier. Ici les démocrates ont le sourire. L’attente est beaucoup moins longue que dans les bureaux de vote du centre ville, où l’on doit parfois faire la queue pendant deux heures… Miami Beach est particulièrement pro-démocrate. Une famille franco-américaine s’est déplacée munie de ses badges « Vote For Change ». Leur choix ne laisse aucun doute. « C’est une journée historique pour nous », raconte Sabrina, 20 ans, qui est née aux USA. Sa mère est venue du Massachussetts pour être auprès d’elle ce 4 novembre.

Mais si, de Miami, le jeu semble gagné d’avance pour Barack Obama, il n’en est rien. La Floride du Sud ne représente pas l’ensemble de l’Etat. Carmen Gentile, journaliste pour le Miami Herald le sait, « McCain a encore toutes ses chances, ca risque d’être très serré ce soir… ». Le nord de l’Etat est beaucoup plus agricole, plus rural, plus blanc… Comme sa voisine, la conservatrice Géorgie.

Dans le quartier de Little Haiti, par contre, on veut croire que cette journée restera historique en donnant aux Etats-Unis leur Premier Président noir. « Je suis allé voter ce matin, très tôt, pour éviter le foule, et surtout pour remettre mon bulletin le jour J », insiste Nathaniel Joseph, travailleur social dans le quartier, qui en connaît presque chaque habitant. « Le jour où l’Amérique va changer. Pour nous, au sein de la communauté haïtienne, c’est particulièrement important ».

Ce soir, Miami Beach, Little Haiti, mais aussi les quartiers pauvres de Liberty City et Overtown, devrait être vite débordés par les célébrations. Et il y a de grande chance pour que, finalement, la Floride swingue pour Obama.


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